poemas de helene cardona

Helene Cardonaen en los SAG Awards en Los Ángeles

HÉLÈNE CARDONA

 Hélène Cardona es especialista en Filología y Literatura Hispánicas y ha realizado estudios sobre estos temas en diversas universidades de España y Estados Unidos. También ha realizados estudios en Lengua y Literatura Alemanas en el Instituto Goethe, en Alemania; de Filología y Literatura Inglesas y Traducción en la Bell School of Languages en Cambridge, Inglaterra. Realizó estudios de posgrado en la Academia de Artes Dramáticas de Estados Unidos en Nueva York y obtuvo un título de Maestría en la Universidad de la Sorbona en París, en la especialidad de Literatura Norteamericana.

Ha sido merecedora de diversas becas de estudios y ha trabajado como profesora de inglés, francés y español en prestigiosas universidades en varios países. También ha trabajado como traductora e intérprete para agencias de Naciones Unidas (UNICEF) y en conferencias internacionales. Ha traducido varias películas. Ha publicado varios libros, aunque sus obras también se han publicado en antologías y revistas literarias especializadas.

To Kitty, Who Loved the Sea and Somerset Maugham

For whatever we lose (like a you or a me)
It’s always ourselves we find in the sea 
―E.E. Cummings

The angel who smells of my childhood
My mother, piano and oboe
Whose face the icon reflects
Auburn hair like a Modigliani
Eyes the color of rain
Light caught by surprise
Whose presence the absence reveals
Whose laughter burns snow
Whose warm breath I breathed
This morning as I woke
The scent of gardenias whispering
I never left you

From Life in Suspension (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

My Mother Ceridwen

The light on the icon,
the way I see her in my dreams,
the core of her at the edge of darkness
in a magic cauldron always full —
never exhausted —
that brings her back to life,
guarded by a golden serpent
coiled in the shape of an egg,
the world snake marshaling
inner reserves,
the seed of a new journey,
a glimpse of a mysterious and elusive
woman crowned with morning glories.
This is how she lands on the page,
slanted, looking out in space,
integrated within me
save the blue sky across her face.

From Life in Suspension (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

 

El Recuerdo

I speak Spanish to God, Italian to women,
French to men, and German to my horse.
—Charles V

The first time I visit my aunt in Paris,
I still live near Geneva.
She perches in a tiny studio
atop an old stone building on a busy boulevard.
There I drink from a bowl for the first time.
She has a cat and a rocking chair.
I think, why would anyone choose a city
over the splendor of the Alps?
The first time I visit my grandparents in Tarragona
on my own, I’m barely six.
My grandmother offers me a unique and plain cookie
of the kind I haven’t encountered anywhere else
and utters the magic word, galleta. This is the first word I learn with her.
We watch a game on TV, el juego de la oca,
and these become the next words. That is how, enveloped in unconditional love,
I discover the language of Cervantes
and of God, as it’s been called.

From Life in Suspension (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

A House Like a Ship

I live in a house like a ship
at times on land, at times on ocean.
I will myself into existence
surrender, invite grace in.
I heed the call of the siren.
On the phantom ship
I don’t know if I’m wave
or cloud, undine or seagull.
Lashed by winds, I cling tight to the mast.
Few return from the journey.
I now wear the memory of nothingness
a piece of white sail wrapped like second skin.

 

From Life in Suspension (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

Low Altitude

Where there is ruin, there is hope for a treasure.
—Rumi

I fly at a delicately-low altitude
You feel it viscerally in your soul
and your wingspan lifts me
like earth’s breath
I empty myself of sadness
such is the power of storms
Some things are too sacred
to be uttered
Time slips away
I open doors
time stands still
Flying at a delicately low altitude
stalking music in a house of mirrors
I search for instructions
The key hides in the patterns
my magical thinking refuses to acknowledge
I can disappear
the way mountains turn bluer on the horizon
or a slow virga sublimes
You listen to the silence
drawn on the ashes of ancient sacrifices
know the redeeming power
of beauty and goodness
and that to live is to persist in pain

From Life in Suspension (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

Notes From Last Night

to John, in memory of his father

One can distinguish Van Gogh from Chagall,
that state of in-betweenness
where even objects seem alive —
to do with light and looking pure.
Because of all this light, I’m partially blind.
It doesn’t matter whose ghost you see
as long as you see one.
Two darknesses together across the shape
of face, warmth comes forward, cool retreats.
I just experience.
Talk about faith I don’t believe,
experience is cellular.
In our normal state we’re not able to perceive,
that’s why I think the dead know.
I had never before seen the beauty
of it, everything has to do with light.
Every ghost proof of the afterlife,
any ghost.

 

From Dreaming My Animal Selves (Salmon Poetry, 2013)
Hélène Cardona

À Kitty, qui aimait la mer et Somerset Maugham

Car quoi qu’on perde (comme un toi ou un moi)
C’est toujours soi que dans la mer on trouvera
―E.E. Cummings

L’ange aux senteurs de mon enfance
Ma mère, piano et hautbois
Dont le visage se reflète sur l’icône
Cheveux auburn, tel un Modigliani
Les yeux couleur de pluie
Volée par la lumière
Et son absence qui ravive sa présence
Son rire qui enflamme la neige
Son souffle chaud que je respire encore
Et ce matin au réveil
Le parfum des gardénias qui murmurent
Je ne t’ai jamais quittée

De La Vie Suspendue (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

Ma Mère Ceridwen

La lumière sur l’icône
― vision onirique ―
son âme en bordure des ténèbres
dans un chaudron magique toujours plein,
jamais épuisé,
qui la ramène à la vie,
gardée par un serpent doré
lové tel un œuf,
le serpent cosmique rassemblant
les forces intérieures,
l’aube d’un tout nouveau voyage,
l’aperçu d’une femme mystérieuse
et insaisissable, couronnée de belles-de-jour.
C’est ainsi qu’elle atterrit sur la page,
penchée, le regard tourné vers l’espace,
nichée en moi
et cet infini ciel bleu éclairant son visage.

 

De La Vie Suspendue (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

El Rercuerdo

Je parle espagnol à Dieu, italien aux femmes,
français aux hommes, et allemand à mon cheval.
—Charles V

La première fois que j’ai séjourné chez ma tante à Paris,
je vivais encore près de Genève.
Son petit studio était perché au sommet
d’un vieil immeuble en pierre sur un boulevard fréquenté.
C’est là que j’ai bu dans un bol pour la première fois.
Elle avait un chat et un fauteuil à bascule.
J’ai pensé, comment peut-on préférer une ville
à la splendeur des Alpes ?
La première fois que j’ai rendu visite à mes grands-parents
à Tarragone, par moi-même, j’avais à peine six ans.
Ma grand-mère m’a offert un biscuit, simple et unique,
comme je n’en ai trouvé nulle part ailleurs
et prononcé le mot magique, galleta.
C’est le premier mot qu’elle m’a appris.
Nous avons regardé un jeu à la télé : el juego de la oca
furent les nouveaux mots qui parvinrent à mon oreille.
C’est ainsi qu’enveloppée d’amour inconditionnel
j’ai découvert la langue de Cervantes
et de Dieu, comme on la nomme.

 

De La Vie Suspendue (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

Une Maison Navire

Je vis dans une maison navire
tantôt sur terre, tantôt sur mer.
J’existe à coups de volonté
m’abandonne et invite la grâce du ciel.
J’obéis à l’appel de la sirène.
Sur le bateau fantôme
je ne sais si je suis vague
ou nuage, ondine ou goéland.
Fouettée par les vents, je m’agrippe bien au mât.
Rares sont ceux qui reviennent du voyage.
Désormais j’ai pour habit la mémoire du néant
une pièce de voile blanche en guise de seconde peau.

 

De La Vie Suspendue (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

 

Basse Altitude

Là où il y a ruine, il y a espoir pour un trésor.
—Rumi

Je vole à une altitude vertigineusement basse
Tu le sens au plus profond de ton âme
et ta majesté me soulève
comme le souffle de la terre
Je m’allège de toute tristesse
telle est la puissance des tempêtes
Certaines choses sont trop sacrées
pour être dites
Le temps se dérobe
J’ouvre les portes
le temps s’arrête
Je vole à une altitude vertigineusement basse
et traque la musique dans une maison de miroirs
à la recherche d’instructions
La clé réside dans les motifs
que ma pensée magique refuse de reconnaître
Je peux disparaître
comme les montagnes bleuissent
sur l’horizon ou me fondre
dans une sublime virga
Tu écoutes le silence
arraché aux cendres de sacrifices anciens
Tu connais le pouvoir rédempteur
de la beauté et de la bonté
et tu sais que vivre, c’est défier la douleur

 

De La Vie Suspendue (Salmon Poetry, 2016)
Hélène Cardona

 

Notes d’hier soir

pour John, en souvenir de son père

On peut distinguer Van Gogh de Chagall,
cet état d’intervalle
où même les objets semblent vivants,
qui traite de lumière et pureté.
À cause de toute cette lumière je suis presque aveugle.
Peu importe le fantôme que tu vois
du moment que tu en vois un.
Deux pénombres liées à travers un visage,
la chaleur avance, le froid se retire.
J’en fais juste l’expérience.
Parle de foi à laquelle je ne crois,
l’expérience est cellulaire.
Dans notre état normal nous ne pouvons percevoir,
c’est pourquoi je pense que les morts savent.
Je n’avais jamais auparavant vu telle beauté,
tout est lié à la lumière.
Chaque fantôme preuve de l’après vie,
n’importe quel fantôme.

 

De Le Songe de mes Âmes Animales (Salmon Poetry, 2013)
Hélène Cardona

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